Archives pour la catégorie Vins

Vodka Viche Pitia, fabriquée en Charente selon le procédé traditionnel.

Caviar et vodka.

Caviar et vodka.

Lors de ma visite à la boutique noire du Printemps pour découvrir les derniers produits de Caviar de Neuvic et déguster son beurre de caviar, le corner était partagé avec une vodka. Association classique s’il en est.

Je vais être cash, je ne suis pas fan de la vodka, je n’aime pas les alcools forts.vodka10

En revanche, j’ai été intéressée par l’histoire de cette vodka au nom de Viche Pitia, « spiritueux nobles » en russe. Elle est fabriquée en Charente, près de Cognac, selon le procédé traditionnel.

Aujourd’hui, la Russie, un des pays d’origine de la vodka, avec la Pologne, ne la produit plus selon les règles de l’art. L’alcool est ainsi coupé à l’eau.

Vodka Viche Pitia.

Vodka Viche Pitia.

Je me suis donc intéressée par cette vodka Viche Pitia qui a repris et respecte le procédé traditionnel. J’ai même goûté les deux vodkas fabriquées : Caraway et Lemon & Milk. Et ma foi, la Caraway (carvi), titrant 58°, est loin de me laisser indifférente. Elle est élaborée à partir de carvi noir (ou cumin) macéré dans le l’alcool de seigle puis distillé.

A vous de juger !

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Le chocolat, un plaisir et une passion. En octobre : ouverture de la Cité du chocolat Valrhona et salon du chocolat.

P1090691Octobre, le mois du chocolat ? Pourquoi pas. En tout cas ça sent la préparation des fêtes de fin d’année, un peu comme pour la rentrée littéraire et les quantités d’ouvrages qui débarquent chez les libraires, futur cadeau de Noël pour les plus chanceux, ou pas.

Revenons au chocolat, alors que le traditionnel salon du chocolat se prépare (il se tiendra à Paris du 30 octobre au 3 novembre et, s’agrandissant, invite la confiserie à partager la vedette), Valrhona frappe fort en nous annonçant l’ouverture de sa Cité du chocolat.

Roue de dégustation Valrhona.

Roue de dégustation Valrhona.

Valrhona est un des grands chocolatiers (avec Weiss et, de plus en plus, Pralus) proposant aux professionnels, artisans exigeants, des chocolats de couverture fabriqués à partir des fèves de cacao, sans oublier les tablettes à destination des particuliers. 

Donc, le 24 octobre, ouvre à Tain l’Hermitage (69), la Cité du Chocolat Valrhona. Soyons clair, je ne l’ai pas encore visitée. Valrhona annonce « un voyage initiatique, interactif et sensoriel au pays du chocolat ». La cité permet la découverte de l’ensemble de la filière cacao et de ses métiers à travers des pratiques pédagogiques, ludiques et interactives. En bref, on visite, on observe, on écoute, on goûte, on sent et on met la main à la pâte. Et c’est quand même 10,50 euros pour les adultes.P1090696

Il s’agit d’une réponse à un engouement et une fascination de plus de 20 ans pour le chocolat et qui ne se démentit pas. Valrhona parie sur le fait que le consommateur, s’il connaît mieux le chocolat, deviendra plus exigeant dans ses choix.

Et vous quel consommateur de chocolat êtes-vous ?

PS : 1. Si vous allez visiter la cité du chocolat, n’oubliez pas également d’aller faire un tour à la cave de Tain l’Hermitage, à consommer avec modération. 2. Pour replonger dans le salon du chocolat de l’an dernier.

Amélie Durand, la passion du vin de mère en fille, récompensée par le « Prix raisin ».

J’ai rencontré hier une toute jeune vigneronne Amélie Durand. Dans la famille, la passion pour le vin se transmet de mère en fille. Amélie représente la 5ème génération.

Rien d’étonnant à ce que cette jeune femme, ingénieur agronome et œnologue, reprenne, il y a 5 ans, la propriété familiale de 28 ha dans le Bordelais et plus précisément en Graves. Pour elle, c’était clair, enfant elle se projetait déjà dans le métier.

Amélie Durand, Château Doms.

Amélie Durand, Château Doms.

J’ai dégusté son vin Château Doms 2010 et j’ai été séduite. Ce vin, vendu 9,50 euros à la propriété, est équilibré, fruits murs et épices (cacao, vanille, …).

Elle vient de remporter le « Prix Raisin » 2013 grâce à ce vin. Ce prix, dont c’est la 2ème édition, récompense le travail d’un vigneron de moins de 40 ans qui propose un vin commercialisé en dessous de 10 euros. Cette année la pépite était recherchée parmi les Graves.

Le concours a été créé l’an dernier par Olivier Dauga, consultant et créateur de vins, et Jean-Pierre Xiradis, restaurateur bordelais. Leur objectif est de contribuer au transfert de compétences autour du vin.

Ainsi le lauréat bénéficie pendant 1 an des conseils de Dauga en termes de conduite du vignoble, de technique de vinification et d’élevage. Un tonnelier apporte son savoir-faire de la tonnellerie – et trois barriques. Concernant la promotion des vins de Château Doms, Jean-Pierre Xiradis y contribue via la carte de ses restaurants, un négociant en vins aide à la commercialisation et une agence accompagne le Château Doms dans sa communication.

Amélie Durand est rayonnante, pétillante et passionnée. Elle reste émerveillée de ce qui lui arrive et de ses 5 parrains tombés du ciel.

Parce qu’elle le vaut bien.

Vin de pêche et compagnie

Verre de vin de feuilles de pêcher.

Verre de vin de feuilles de pêcher.

J’étais toujours chagrinée en buvant les apéritifs de vin de pêche, de noix, d’orange … j’imaginais tous ces fruits condamnés pour la fabrication de ces vins. Quel dommage pour les pêches, fruits parmi les plus gourmands. Pour les noix, qui peuvent se transformer en huile si savoureuse. Que nenni ! Je peux y aller sans scrupule, je découvre que certains de ces vins ne sont pas nécessairement fabriqués à partir des fruits.

Par exemple, le vin de pêche -je devrais dire vin de pêcher ou plus précisément de feuilles de pêcher- est produit à partir des feuilles de l’arbre. Il faut 400 feuilles, cueillies avant le 14 juillet, 1l d’eau de vie, 5l de vin (rouge, blanc ou rosé), 200 morceaux de sucre, et faire macérer le tout 30 jours, puis filtrer.

Vin d'orange en macération.

Vin d’orange en macération.

Pour le vin de noix, on a le choix, on peut le produire à partir des chatons, des feuilles ou des noix. Soyons précis, pour Monique de Merland, les noix sont cueillies le 24 juin, pour Nadia de Vitrac, c’est autour du 20 juillet. Les noix doivent être fraiches pour être coupées en 4 dans leur coque. A chacun sa recette.

Je ne sais pas si le goût des vins de noix est différent en fonction de la partie (noix, chatons ou  feuilles) qui est utilisée, vous avez testé ? Et vous avez vos recettes, vous aussi ?

Mercurey (Bourgogne) : de l’agressivité vers la douceur, nov. 2012

De passage en Bourgogne dans les Côtes Chalonnaises, je suis allée visiter un vignoble de Mercurey. Thierry Jeannin-Naltet, 6èmegénération de viticulteurs, nous a accueillis un dimanche brumeux, caractéristique du mois de novembre. Il nous présente d’abord le vignoble et fait quelques rappels historiques.

Domaine Jeannin-Naltet, Mercurey.

Sauf rares exceptions -autorisées-, le vignoble bourguignon n’est planté qu’en un seul cépage par couleur, le Pinot noir pour les vins rouges et le Chardonnay pour les blancs. Dès le moyen âge les moines –toujours présents pour les cultures que ce soit le vin, les fromages, …- ont perçu l’importance du terroir et ont délimité les parcelles –les clos- en créant des murets de pierres sèches. Depuis les années 1960, date à laquelle les machines ont remplacé les chevaux, ces murs sont endommagés voire détruits les passages n’étant plus assez larges. C’est un patrimoine qui disparaît.

Jusqu’à la fin des années 60 la viticulture vend son vin à des négociants qui en assurent l’élevage, la mise en bouteilles et la commercialisation. Les caves coopératives sont peu répandues en Bourgogne.

Ici, le raisin reste cueilli manuellement, égrappé, mis en cuve ouverte pour la fermentation, puis pressé. Au cours de la fermentation les peaux, pulpes, pépins remontent à la surface et forment le « chapeau ». Il est pratiqué le « pigeage » à pieds nus, opération qui consiste à immerger le chapeau afin d’en extraire la couleur et la structure du vin.

On stocke ensuite le vin en fûts de chêne. Les fûts du Domaine Jeannin-Naltet sont gérés avec beaucoup d’attention : l’origine du bois et la futaie sont essentielles. Chaque fabricant a ses propres caractéristiques. Il est intéressant de panacher les origines et fabricants. Le fût devient neutre à partir de 5 ans, ce qui signifie qu’il n’apporte plus rien au vin lors de la phase d’élevage. Ainsi les fûts -cerclés de châtaignier- sont renouvelés tous les 5 ans, soit 20% de renouvellement chaque année. Puis lors des mises en bouteille, on veillera à mélanger le contenu des différents fûts (âge du fût dans la fourchette de 0 à 5 ans, origine du chêne et fabricant).1352022719023

Nous avons dégusté un Mercurey rouge Clos des Grands Voyens – 2009, très typique, puis un 2010, année dont la climatologie a été très particulière. Le 2010 au nez fruité (cerise, framboise) est encore jeune (astringent). Puis dégustation d’un Mercurey blanc 2009. Ayant une truffe à marier, il y a plusieurs dizaines d’années, je me souviens avoir interrogé une amie bourguignonne, elle m’avait suggéré un Mercurey blanc. Thierry Jeannin-Naltet me confirme que son blanc 2008, par exemple, ferait très bon ménage avec la truffe.

Cave de dégustation, domaine Jeannin-Naltet, Mercurey.

Cave de dégustation, domaine Jeannin-Naltet, Mercurey.

Nous finissons par un Marc de Bourgogne puis une prunelle. Et notre hôte prononce l’expression du jour, ou du mois : en dégustation, progresser de l’agressif vers la douceur. Dont acte.

Domaine Jeannin-Naltet – 4 rue de Jamproyes 71640 Mercurey – 03 85 45 13 83. domaine.jeannin-naltet@orange.fr

Restaurant le Palégrié à Lyon, Beaujolais et contrepied

A Lyon, le 15 novembre – 3èmejeudi du même mois – difficile de passer au travers du Beaujolais nouveau. Guillaume Monjuré, le jeune chef, récemment distingué Fooding du meilleur cuisinier 2013 par le guide Le Fooding, a donc décidé de faire un triple pied de nez : à sa cuisine habituelle, à la cuisine traditionnelle lyonnaise et au Beaujolais nouveau. Il organise une soirée Beaujolais de son cru, soirée thématique comme il aime en proposer.

Guillaume Monjuré, chef du Palégrié

Pas de Beaujolais nouveaux au programme que du vieux, cinq vins sont servis tout au long du repas : Beaujolais blanc 2011, magnifique Morgon 2009 de Marcel Lapierre, Moulin à vent 2005, Juliénas 1997 et labeur d’octobre.

Au menu, des classiques lyonnais sont revisités. En apéritif, un saucisson brioché : saucisson et brioche sur une pique et à tremper dans une sauce à la pistache. Excellent « œuf de caille poché, meurette à ma sauce, persil simple », savoureux et léger.

Puis volaille, écrevisses, ris d’agneau sur l’idée d’un vol au vent. Pour terminer bugnes caramélisées, glace au lait, kaki confit.

Volaille, écrevisses, ris d’agneau sur l’idée d’un vol au vent

J’ai aimé le défi et l’audace de sortir des sentiers battus. J’ai hâte de revenir à Lyon et de goûter la cuisine qui, peut-être, ressemble un peu plus à Guillaume.

Restaurant Palégrié, 8, rue du Palais-Grillet, Lyon 2ème – 04 78 92 94 84

http://www.palegrie.fr/

Visite du vignoble de Montmartre, le 12 octobre 2012

C’est un bel après-midi d’automne, la vigne vierge de la tonnelle, façon pavillon d’amour, est rouge flamboyant.

A l’occasion de la fête des vendanges de Montmartre,  le vignoble est ouvert à la visite. Vingt privilégiés sont guidés par Francis Gourdin, œnologue pour le vignoble depuis 17 ans, et qui tente d’améliorer année après année la qualité du vin.

La vendange a eu lieu cette année le 25 septembre : une demie journée à une dizaine de personnes pour cueillir le raisin. Quelques grappes restent sur les pieds de vigne. Les plants sont protégés des oiseaux par un filet,

Cette année cinq cents litres ont été produits principalement à partir du gamay et du pinot noir et de manière résiduelle par les cépages hybrides restants. Ils sont mis en cuve et stockés dans les caves de la mairie du 18ème. Pas de pesticide ni insecticide ou quasi.

Chaque année, certains des pieds sont renouvelés. Quelques pieds datent encore de 1932, période à laquelle les vignes ont été plantées à l’initiative de quelques artistes : ils ont décidé de s’accaparer cette parcelle qu’un projet immobilier allait s’empresser de bâtir. Ce terrain, orienté nord, n’était pas jusque là occupé par la vigne.

Le vignoble est une grande constante de l’Ile de France depuis le Moyen-âge, il a tout doucement diminué jusqu’à la deuxième partie du 19ème. A cette époque, trois facteurs accélèrent drastiquement la décroissance : le phylloxera, l’urbanisation et le chemin de fer qui permet d’approvisionner la capitale en vins d’autres régions françaises.

Je passe très souvent dans la rue des Saules ou la rue Saint-Vincent qui longent le vignoble. Mais une fois dans la parcelle la perspective et le point de vue sont différents, je découvre un nouveau paysage.

Cette visite est intéressante et émouvante, j’aime l’idée que quelques artistes entêtés et gonflés aient squattés ce terrain pour maintenir la mémoire d’une vieille tradition francilienne et pour nous ménager un petit coin de verdure.